Côte d’Ivoire : UNJCI, « Franck Ettien porte une vision d’un journalisme fondé sur la dignité, la formation et l’excellence »

Lors d’un déjeuner de presse ce mercredi 04 février 2026 à la Maison de la Presse du Plateau, le candidat à la présidence de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire a détaillé un programme ambitieux en quatre axes, promettant de faire du journalisme ivoirien un métier respecté, protégé et valorisé.

Dans une salle comble à la Maison de la Presse du Plateau, l’atmosphère était à la fois solennelle et chargée d’espoir. Franck Ettien, candidat déclaré à la présidence de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), a officiellement lancé sa campagne lors d’un déjeuner de presse rassemblant confrères, anciens et jeunes professionnels. Face aux défis de la précarité, de l’invisibilité et de la résignation qui guettent la profession, il a présenté un projet de rupture, articulé autour d’une conviction forte : « Il ne peut y avoir de démocratie solide sans journalisme solide. »

D’entrée de jeu, Franck Ettien a ancré sa candidature dans un sentiment de responsabilité. « C’est par devoir, chers frères, chers professeurs, que j’ai décidé de me porter candidat », a-t-il déclaré, rendant hommage à un métier exigeant parfois au prix de nos nuits, de nos familles, de notre santé, et même au prix de notre vie. Se présentant comme un homme de terrain, il a insisté sur sa proximité avec l’ensemble de la profession et son refus de céder au chant des sirènes d’autres carrières. « Je n’ai jamais attendu un congrès pour m’intéresser à la vie de notre union. Je suis engagé par conviction et par fidélité », a-t-il martelé, affirmant sa foi en un journalisme qui peut encore nourrir son homme et lui offrir une dignité. 

La pierre angulaire de son programme est claire : Faire du journalisme ivoirien un métier d’excellence. Pour y parvenir, M. Ettien propose une refondation de l’UNJCI comme l’outil central d’une presse forte, crédible et indépendante, indispensable à la grande Côte d’Ivoire à laquelle il aspire.

Son discours s’est adressé directement aux anciens, mémoire vivante de notre profession, qu’il promet d’honorer, et aux jeunes, à qui il assure que ce métier est encore beau, malgré tout. 

Le projet de Franck Ettien et de son équipe se structure en quatre axes majeurs :

  • Redonner sa dignité aux journalistes : Il place la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail au premier plan. Il promet la mise en place d’un « cadre de consultation permanente » avec les organisations patronales, les syndicats et l’État. L’objectif ? Assurer l’application effective de la convention collective et obtenir une « revalorisation salariale ». Il plaidera également pour un financement durable des médias, une meilleure reconnaissance des journalistes de l’AIP et une clarification du statut des radios communautaires et de la presse en ligne.
  • Former en permanence pour l’excellence : Considérant qu’un « journaliste digne est aussi un journaliste bien formé », il annonce la création d’un secrétariat permanent à la formation. Cette structure identifiera les besoins et recherchera des financements et des partenariats avec des universités (ivoiriennes et étrangères) et des experts pour former aux nouvelles spécialités (économie, sécurité, environnement, intelligence artificielle…). L’ambition est de développer un « journalisme de spécialité » reconnu.
  • Protéger et responsabiliser la profession : L’autorégulation, théoriquement existante, sera renforcée « dans les faits ». Pour protéger les journalistes, une assistance juridique permanente via un partenariat avec un cabinet d’avocats spécialisés sera mise en place. « Sous notre magistère, aucun journaliste ne sera laissé sans assistance », a-t-il assuré, promettant une aide à tous, y compris aux pigistes non encore titulaires de la carte de presse. Il a également annoncé une réforme du Prix Ebony (futur « Super-Ebony ») pour le rendre plus valorisant, avec une dote symbolique portée à 20 millions de FCFA.
  • Rayonner et solidariser : L’accent sera mis sur le renforcement des fonds de solidarité et la facilitation de l’accès au logement. En outre, dès la deuxième année de son mandat, il prévoit d’organiser un grand événement annuel de stature internationale (forum ou « grands rendez-vous ») pour faire de la Côte d’Ivoire un pôle de réflexion et d’échanges pour le journalisme africain.

L’assistance a accueilli ce programme ambitieux par des applaudissements nourris. La promesse d’un dialogue social renforcé et d’une protection juridique concrète semble répondre à des attentes profondes. Toutefois, certains observateurs notent le défi de la mise en œuvre, notamment concernant le financement de projets aussi structurants que le Super-Ebony ou le forum international. Franck Ettien lui-même a reconnu cette nécessité de réalisme, soulignant que les partenariats se construisent dans la durée.

À quelques jours d’une élection cruciale pour l’avenir de la profession en Côte d’Ivoire, Franck Ettien pose sa candidature comme celle du renouveau et de l’exigence. Son appel à un journalisme debout résonne comme un manifeste pour une profession en quête de reconnaissance et de moyens.

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