Côte d’Ivoire : Législatives 2025 à Marcory, « Aby Raoul appelle à la paix et à la vigilance face aux tensions électorales »
Ce jeudi 25 décembre, le maire de la commune de Marcory, Aby Raoul, a tenu une conférence de presse au QG du PDCI-RDA pour lancer un appel ferme à la paix et à la prévention de la violence électorale. Fort d’un parcours marqué par plusieurs scrutins locaux et nationaux, il a livré un témoignage détaillé de son rapport aux élections et exprimé ses inquiétudes face aux tensions observées dans la commune depuis 2023.
Revenant sur son historique électoral, Aby Raoul a rappelé que Marcory en est aujourd’hui à sa cinquième élection. Lors de sa première candidature en 2000, sous la bannière du PDCI-RDA, il avait été battu avec environ 2 000 voix d’écart. Fidèle à ses principes, il affirme avoir reconnu immédiatement sa défaite.
« À 18 heures, j’ai appelé les candidats victorieux, Lida Moïse et Mobio, pour les féliciter. Il n’y a jamais eu de contestation de ma part », a-t-il insisté.

Après une décennie sans élections locales, les municipales ont repris en 2013. Cette année-là, Aby Raoul, alors candidat du PDCI-RDA, a remporté la commune avec un écart significatif d’environ 7 000 voix. Quelques plaintes avaient été déposées, mais sa victoire fut confirmée.
Selon lui, en 2018, sa réélection s’est déroulée dans un climat plus tendu, marqué par des manifestations devant la commission électorale indépendante locale. Les forces de l’ordre avaient alors permis le bon déroulement des délibérations.
Le maire est revenu longuement sur les élections de 2023, qu’il considère comme un tournant inquiétant. Il a d’abord évoqué le scrutin de 2021, qu’il n’avait pas pu superviser pour des raisons de santé. Après une inversion des résultats par la CEI locale, un examen des procès-verbaux par la commission électorale indépendante nationale à Cocody avait permis de rétablir sa victoire sans trouble ni animosité.
Mais en 2023, la situation a radicalement changé. « À 18h30, nous avions tous nos PV. À 19h30, nous savions que nous avions gagné avec plus de 54 %. Pendant que nous célébrions la victoire, la CEI a été attaquée, saccagée, les bureaux détruits, les PV déchirés et il y a eu des blessés », a-t-il dénoncé.
Il a fermement rejeté toute implication dans ces violences : « Quel intérêt aurais-je à attaquer la CEI alors que j’avais gagné ? Cela n’a aucun sens. Ceux qui perdent sont généralement ceux qui contestent. »
La CEI l’a finalement déclaré vainqueur avec 54,6 % des suffrages. Estimant que la violence politique a connu une escalade inédite à Marcory depuis 2023, Aby Raoul a exprimé ses inquiétudes : « Une élection, c’est un gagnant et un perdant. Le perdant doit pouvoir appeler le vainqueur pour le féliciter. Nous l’avons fait par le passé, rien ne justifie que cela change. », a-t-il dit.
Interrogé sur les évolutions du fichier électoral, le maire a révélé que son équipe avait constaté, durant l’enrôlement 2024, le déplacement de plus de 8 000 électeurs hors de Marcory parfois sans leur accord.

Il a évoqué que des membres de sa famille et de son équipe seraient également concernés. Après intervention auprès de la CEI, environ 3 000 électeurs ont été réintégrés.
Il a également signalé l’inscription de près de 6 700 nouveaux électeurs dans la commune. « Nous croisons les fichiers, nous travaillons sérieusement et nous veillerons à ce que les scrutins soient honnêtes et conformes aux normes. », a-t-il ajouté. Le maire a dénoncé toute forme de déportation d’électeurs, estimant que l’on doit être accepté par les populations là où l’on se présente.
S’adressant directement à ses militants et aux électeurs de la commune, le maire a lancé un appel à la responsabilité: « Il n’est pas acceptable que le député d’Attécoubé devienne le député de Marcory. Pour représenter une commune, il faut la connaître, y vivre et comprendre ses réalités. », a-t-il lancé.
Il les a encouragés à faire un choix éclairé et ancré dans la réalité locale. « Ne vous trompez pas de choix. Choisissez celui que vous connaissez, celui qui défendra réellement vos intérêts. », a-t-il conclu.



