Côte d’Ivoire : Accueil des Enseignants Chercheurs et chercheurs nouvellement recrutés, « Une réponse mutualiste et historique pour la protection sociale des enseignants-chercheurs »

Le samedi 13 décembre 2025, une page importante s’écrit pour la communauté universitaire et scientifique ivoirienne. Au Centre National de Matériels Scientifiques (CNCMS), s’est tenue une cérémonie d’accueil symbolique, dédiée aux enseignants-chercheurs et chercheurs nouvellement recrutés.

Au cœur des échanges : la MUTEC-CI (Mutuelle des Enseignants-Chercheurs et Chercheurs de Côte d’Ivoire), une institution récente mais déjà essentielle, présentée comme la solution collective à des décennies de préoccupations sociales non résolues.

Selon les organisateurs, l’histoire de la MUTEC-CI est celle d’une prise de conscience et d’une volonté commune. Pendant des générations, les universitaires ivoiriens ont évolué sans dispositif structuré de protection sociale et de prévoyance propre à leur corps.

Malgré des initiatives éparses, les défis liés à la santé, au logement ou à la retraite demeuraient entiers. « Le régime de base santé montre beaucoup d’insuffisances face aux exigences en matière de couverture du risque santé. Conséquence : plusieurs fonctionnaires recourent aux assurances privées », a expliqué le Dr Bolou, conférencier de la cérémonie.

Inspirée par le succès de mutuelles créées dans d’autres corps de métier (douaniers, agents de santé, enseignants du secondaire), la communauté des enseignants-chercheurs a décidé d’agir. Après une maturation longue, le projet a été officiellement présenté en juillet 2023 avant que l’Assemblée Générale Constitutive du 12 août 2023 n’acte sa création. La MUTEC-CI était née, fondée sur un principe intangible : la mutualisation des ressources et la solidarité entre pairs.

Le Dr Brou Djandji Emmanuel, Président du Conseil d’Administration (PCA) de la MUTEC-CI, a défini l’institution comme « une organisation à caractère social, mutualiste, mise en place pour permettre à ces enseignants-chercheurs et chercheurs mutualistes de bénéficier de prestations relevant du volet santé et du volet social, y compris l’acquisition de biens immobiliers ».

Les objectifs sont ambitieux et multidimensionnels :

  • Améliorer la protection sanitaire et sociale.
  • Proposer des actions de prévoyance, d’entraide et de solidarité.
  • Faciliter l’accès au crédit et aux solutions immobilières.
  • Préparer une retraite sereine.
  • Établir une solidarité sans distinction de genres, titres, expériences ou niveaux de revenus.

« Les cotisations n’étant pas directement liées au risque individuel, aucun critère d’exclusion n’est appliqué, favorisant ainsi l’inclusion de tous les membres », a souligné le Dr Bolou. Il a par ailleurs tenu à lever toute ambiguïté : « La MUTEC-CI N’EST PAS UN SYNDICAT. C’est une initiative des enseignants-chercheurs issus de diverses origines académiques, non portée par aucune chapelle syndicale. »

Après une année d’activités opérationnelles en 2025, la MUTEC-CI compte déjà 217 mutualistes. Son objectif est de doubler ce chiffre pour atteindre 400 adhérents en 2026. La cérémonie de ce samedi s’inscrivait directement dans cette stratégie de croissance et de transmission.

« Aujourd’hui, vous avez convoqué les nouveaux chercheurs pour qu’ils connaissent la MUTEC-CI. Le conseil d’administration profite de l’occasion pour leur présenter l’ensemble des produits, qui sont déjà en vigueur », a déclaré le PCA. 

Des produits qui semblent avoir convaincu. Le Dr Zialé Alette, chercheur à l’Université Nangui Abrogoua et adhérente, s’est adressée aux nouveaux recrutés : « Les prestations et les produits que nous avons vus sont intéressants. C’est favorable pour les enseignants que nous sommes. En tant qu’enseignant-chercheur, nous réfléchissons beaucoup, le cerveau est chargé, nous sommes toujours sur les ordinateurs Une protection adaptée est cruciale. », a-t-elle souligné.

Face à des pathologies parfois spécifiques ou une charge mentale importante, la MUTEC-CI se veut un filet de sécurité et un levier d’épanouissement. Financée principalement par les cotisations de ses membres, elle incarne une autonomie sociale conquise par le corps universitaire lui-même.

La cérémonie n’était donc pas qu’un simple accueil protocolaire. Elle marquait le passage de témoin vers une nouvelle génération d’universitaires, invités à rejoindre un cercle vertueux de solidarité. En intégrant la MUTEC-CI, les nouveaux recrutés ne souscrivent pas seulement à une gamme de services ; ils adhèrent à un projet collectif visant à construire, enfin, une protection sociale plus complète, plus juste et digne de leur contribution nationale à la recherche et à l’enseignement supérieur.

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